Augmentation de rendement et respect de l’environnement : ce mode d’exploitation permet de suivre les cultures, parcelle par parcelle. Les explications de Marc Sneyders, Sustainable Operations Manager chez Bayer, société qui offre des solutions scientifiques en faveur de l’agriculture et de la santé.

À quels domaines l’agriculture de précision fait-elle référence ?

Marc Sneyders : « C’est en intégrant différents éléments liés à la biologie, à la technologie (informatique, imagerie satellitaire, etc.), à la chimie ou aux ressources naturelles, que l’agriculture de précision offre des solutions adaptées aux conditions du terrain.

Ces outils technologiques peuvent par exemple surveiller la météo, guider les machines avec précision grâce à un système GPS ou encore prédire des risques de maladies qui menacent les cultures sur la base de données diverses. Un avantage considérable pour les agriculteurs ! »

Quels sont les objectifs de ce type d’agriculture ?

M.S. : « Le but est avant tout de produire mieux, d’augmenter le rendement et de minimiser l’impact pour la nature et l’homme. En Belgique, notre rendement est déjà performant. Notre objectif premier est plutôt environnemental : les technologies actuelles permettent par exemple de distribuer de l’engrais ou des produits de protection des plantes de manière très précise.

Un parallèle peut être réalisé avec les progrès effectués en matière de chimiothérapie : les opérations actuelles sont bien plus précises qu’autrefois, permettant de générer un impact maximal. En agriculture, l’exactitude permet de traiter uniquement les zones qui doivent être traitées, contre les mauvaises herbes par exemple. »

Existe-t-il des subsides pour encourager les agriculteurs dans cette démarche ?

M.S. : « Le gouvernement subsidie certains systèmes favorables à l’environnement, comme les machines permettant de réduire le volume de produits de protection des plantes. Mais, de manière générale, l’agriculteur doit investir lui-même dans ce type de technologies.

Toutefois, en distribuant par exemple son engrais avec plus de précision, il réduit le gaspillage et épargne sur les coûts. À long terme, de nombreux avantages peuvent peser dans la balance. »

Pensez-vous que les collaborations entre chercheurs sont suffisantes en Belgique ?

M.S. : « Il s’agit de l’un de nos défis majeurs : dans notre pays, de nombreuses recherches s’effectuent de manière indépendante, sans tronc commun. Nous observons toutefois une nette amélioration et de plus en plus de collaborations naissent. »

En quoi consiste le concept ForwardFarming développé par Bayer ?

M.S : « Bayer a développé le concept ForwardFarming en collaboration avec des agriculteurs. Les différentes techniques de l’agriculture durable sont appliquées et montrées dans une ferme. Cette plateforme de connaissances est totalement destinée à intensifier l’échange de savoir entre les agriculteurs, Bayer et d’autres parties. »

D’après vous, à quoi ressemblera la gestion de l’agriculture à l’avenir ?

M.S. : « La tendance est de réduire la distance entre le producteur et l’acheteur, à favoriser les circuits courts. Le grand public semble de plus en plus demandeur de produits de qualité et se soucie de la nature des aliments qu’il achète.

Le problème est que les agriculteurs ne sont pas toujours suffisamment récompensés pour les efforts qu’ils fournissent, et inversement certains ne respectent pas suffisamment la demande des consommateurs. Un équilibre doit donc être trouvé dans la chaîne de production.