Réponses avec Ricardo Pacico, Responsable ADER (Agriculture Durable Eco-Responsable) au sein du groupe Wal.Agri, une société spécialisée dans la vente d’intrants culturaux, d’aliments pour le bétail et dans la collecte des céréales.

Que couvre le concept d’agriculture durable & écoresponsable ?

Ricardo Pacico – La durabilité consiste à répondre à trois critères : « People », « Planet », « Profit ». Elle couvre donc à la fois une dimension sociétale, environnementale et économique. Il s’agit de porter simultanément son attention sur les besoins du consommateur, la protection de l’environnement et la rentabilité de l’activité.

Comment cela se traduit-il ?

R. P. - Aujourd’hui, le système de production agricole est totalement transparent et traçable. À sa demande, on peut fournir à un industriel, dans les 2 heures, s’il y a un problème quelque part dans la chaine, toutes les informations sur ce qui a été appliqué, y compris sur la parcelle d’où proviennent par exemple des céréales. Tout est réglé selon un système de qualité et de certifications pointues, aussi bien en raison d’une politique de durabilité existant chez nous en interne qu’en raison des obligations légales liées au secteur. Les agriculteurs sont notamment tenus de remplir des carnets de champs et de noter leurs itinéraires culturaux.

Les agriculteurs wallons sont-ils de « bons élèves » ?

R. P. - Aujourd’hui, 95 % des agriculteurs wallons répondent aux critères de durabilité. En la matière, l’agriculture wallonne est à la pointe à l’échelle mondiale, au même titre que la Flandre, la France et l’Allemagne, par exemple. Et plus globalement, l’Europe fait déjà bien mieux que les États-Unis, par exemple. Tout ceci nous permet d’être reconnus à l’étranger et d’exporter plus facilement nos produits. Précisons que la politique agricole commune a été complètement revue cette année ; elle axe désormais beaucoup plus son action sur la durabilité, avec une autre stratégie de primes à la clé.

Outre les aspects légaux et le système de primes, il faut également être conscient que si un agriculteur ne travaille pas de façon durable, il met à mal sa propre terre et donc son outil de travail de demain. La durabilité représente donc certaines contraintes, mais également beaucoup d’opportunités.