Une innovation de la société RevaTis protégée par un brevet. Explications avec le Professeur Didier Serteyn de l’Université de Liège, membre de l’équipe scientifique de la société.

Qu’est-ce que la médecine régénérative ?

Didier Serteyn : « Cette nouvelle approche thérapeutique consiste à utiliser des cellules-souches, des matrices ou des facteurs de croissance pour reconstituer des tissus ou organes lésés par une maladie ou par un processus dégénératif comme, par exemple, des cartilages, des tendons ou des déficits osseux. Mais aussi des problèmes cardiaques, hépatiques, peuvent être régénérés par cette nouvelle approche. »

D’où viennent ces cellules-souches ?

D. S. : « La société est détentrice d’un brevet sur une nouvelle technique pour obtenir des cellules-souches à partir de micro-biopsies musculaires chez les chevaux. Mais cela fonctionne aussi pour la médecine humaine. Habituellement, les cellules-souches à visée thérapeutique proviennent de ponctions de moelle osseuse ou de prélèvements de tissu adipeux. La nouvelle technique brevetée, développée à partir de la société RevaTis, spin-off de l’ULg, est peu invasive. Il s’agit de prélever quelques milligrammes de muscle avec une aiguille à biopsie. Il est envoyé au laboratoire où on isole et cultive les cellules. On peut renvoyer au vétérinaire des cellules-souches en grandes quantités, autologues (du patient pour lui-même), pour envisager une thérapie régénérative à partir de ces cellules. »

Quelles sont les perspectives ?

D. S. : « Les perspectives concernent également la médecine humaine. À titre d’exemple, on réalise un petit prélèvement sur un jeune athlète sportif, cheval ou humain, en bonne santé. Les cellules sont mises en banque chez RevaTis. Si, un jour, six mois ou vingt ans plus tard, la personne ou le cheval qui a donné ses cellules en a besoin, on enverra directement ses cellules au médecin traitant ou au vétérinaire. Il est aussi possible d’entrer dans un processus de différenciation des cellules en les transformant en cartilages, tendons, os, cœur, etc. »

Et pour l’heure ?

D. S. : « On démarre un système de bio-banque de cellules-souches en prévention, un peu sur le modèle de ce que l’on fait avec le cordon ombilical de bébés. Le propriétaire d’un jeune cheval aurait tout intérêt à le faire prélever. Si un jour, une boiterie survient, il sera possible de régénérer rapidement le cartilage ou le tendon grâce aux cellules-souches stockées dans la bio-banque. »