Point de vue de Francis Huysman, CEO de Valipac, organisme de gestion de la Responsabilité élargie des producteurs des emballages industriels.
 

Quelle est votre ambition principale chez Valipac ?
 

« Notre société existe depuis 20 ans. En étroite concertation avec nos stakeholders, nous avons redéfini notre mission, notre position et nos activités. Différentes ambitions sont nées de cette réflexion générale. Notre objectif principal est d’augmenter le taux de recyclage et le tri sélectif des emballages industriels en entreprise, comme convenu dans les termes de notre agrément, puisque nous sommes un organisme agréé. Pour réaliser ce but, quatre ambitions-clés sont sur la table : l’économie circulaire, le data management, la collaboration avec les autres organismes du milieu et le développement personnel de nos collaborateurs. Ces ambitions sont indissociables, elles dépendent les unes des autres. Aujourd’hui, notre mission se définit ainsi : “agir ensemble pour une économie circulaire”. »

 

Quels sont vos principaux défis ?
 

Pour l’instant, la plupart des entreprises ne savent pas précisément si les emballages qu’elles utilisent sont recyclables ou non.

« L’un de nos principaux défis est d’augmenter le taux de recyclage des emballages industriels, en particulier le plastique. Pour ce faire, nous faisons appel aux principes de l’économie circulaire. Avant tout, il est nécessaire d’avoir une meilleure connaissance des données actuelles, pour bien comprendre la situation en matière de gestion des déchets industriels. Ensuite, les entreprises ont besoin d’un outil pour mesurer le degré de circularité des emballages qu’elles mettent sur le marché. Enfin, il est nécessaire d’établir davantage de concertation dans la chaîne de valeurs, entre les responsables d’emballages, les collecteurs, les recycleurs, etc. Il est indispensable d’entretenir des échanges entre les différents maillons de la chaîne afin de garantir une circularité optimale des déchets. »

 

Comment encourager l’économie circulaire en entreprise ?
 

« L’outil principal est justement d’évaluer la circularité des emballages. Pour l’instant, la plupart des entreprises ne savent pas précisément si les emballages qu’elles utilisent sont recyclables ou non. Il faut donc les informer au maximum, garantir une concertation entre les différents acteurs de la chaîne pour que le recyclage s’effectue de manière fluide et efficace. »
 


 

Les données sur la gestion de déchets en entreprise sont-elles suffisantes ?
 

« Des données existent sur la production de déchets industriels, mais leur qualité reste discutable. Chez Valipac, nous avons mis en place un système de collecte d’information sur la production de déchets en entreprise. Nous recevons les données de la part des collecteurs de déchets et nous possédons ainsi des data sur la production globale de déchets industriels en Belgique. Ces données sont précises et nous offrent une vue globale sur le niveau des collectes sélectives par région, secteur et taille des entreprises. Nous pouvons ainsi cibler les entreprises qui ont besoin de conseils en matière de tri sélectif. 

Dans cette optique, notre base de données va nous aider à augmenter le tri sélectif en entreprise. Identifier les problèmes, et ensuite mettre en place soit des actions de communication spécifiques en fonction des domaines d’activité ou des régions, soit des projets opérationnels spécifiques liés par exemple à tel ou tel type de matériau. »

 

En quoi ces efforts de recyclage sont-ils bénéfiques pour l’entreprise ?
 

On ne doit plus se poser la question du pourquoi faut-il trier. La question est plutôt de savoir comment améliorer la circularité des matières.

« D’abord, il y a une obligation légale : aujourd’hui, les entreprises sont obligées de trier leurs déchets industriels. Tout comme à la maison, les entreprises doivent à présent s’habituer à trier plusieurs fractions. Je pense qu’à l’heure actuelle, on ne doit plus se poser la question du pourquoi faut-il trier, il s’agit d’un état de fait. La question est plutôt de savoir comment améliorer la circularité des matières, dans un objectif durable. »

 

En quoi la collaboration avec les autres acteurs du secteur est-elle importante ?
 

« Chez Valipac, nous travaillons avec 7 000 entreprises qui bénéficient de nos services et nous sommes plus largement en contact avec 38 000 entreprises qui génèrent des déchets d’emballage. Grâce à la collaboration avec d’autres acteurs du recyclage, au lieu de communiquer uniquement sur les emballages industriels, nous pouvons avoir une approche plus globale sur l’ensemble de leurs déchets : les PMC, les piles, les déchets électroniques, … Le but est de créer des synergies et de réduire la charge administrative des entreprises afin d’enlever tous les freins qu’elles peuvent rencontrer dans leur processus de gestion des déchets. Par ailleurs, notre système de recensement de données pourrait aider les autres organismes de REP à recenser les flux qu’elles ne captent pas dans leur système. »