Qu’entend-on par le concept d’économie circulaire ?

Dans le contexte économique actuel d’augmentation de la population et de consommation croissante de ressources naturelles, l’économie circulaire répond à des enjeux fondamentaux.

Jean-Claude Marcourt - Il s’agit d’une vision de l’économie qui permet de limiter la consommation de ressources naturelles dans des proportions qui ne nécessitent pas d’extraire plus que ce que la Terre est capable de régénérer. L’ensemble des besoins pour les autres produits et services est alors rencontré grâce à des techniques de réutilisation, de reconditionnement ou de recyclage. C’est une philosophie inverse de ce qui se fait actuellement selon les standards « Extraire, Fabriquer, Jeter ».

Dans le contexte économique actuel d’augmentation de la population et de consommation croissante de ressources naturelles, l’économie circulaire répond à des enjeux fondamentaux. Mise en œuvre et intégrée dans nos industries modernes, elle permettra notamment de dissocier croissance économique et croissance de la consommation des ressources. C’est en anticipant les défis du futur, la rareté des matières premières, en ce compris celle du pétrole, que la Wallonie anticipera les mutations industrielles, technologiques et chimiques futures.

Quels en sont les enjeux et avantages ?

L’enjeu majeur de l’économie circulaire est naturellement sa réelle et concrète mise en œuvre.

J.-C. M. - L’enjeu majeur de l’économie circulaire est naturellement sa réelle et concrète mise en œuvre. Cela nécessite, outre un important travail de sensibilisation et de formation, d’emporter l’adhésion du plus grand nombre. Je pense tant aux entreprises et aux acteurs de la recherche, qui peuvent directement mettre en application ces principes et préparer l’avenir, qu’aux étudiants et aux jeunes dans leur ensemble, qui pourront amplifier la dynamique demain. Le principal avantage de cette économie est la limitation de la « vie à crédit biologique » ; cela serait déjà une avancée colossale.

Par ailleurs, les ménages et les entreprises réduiront leur consommation d’énergie et créeront un cercle vertueux dont les bénéfices se feront sentir à tous points de vue : santé, habitat, mobilité… Ces mesures ne doivent pas être simplement vues comme des gains environnementaux ; elles permettront également d’améliorer la compétitivité des entreprises et de créer de l’emploi. Nous sommes confrontés à une modification de la manière dont nos industries doivent se développer ; c’est tout à fait compatible avec le redéploiement actuel de la Wallonie, qui doit s’inscrire dans une démarche de durabilité.

Où en est justement la Wallonie par rapport à ce concept ?

J.-C. M. - En Wallonie, nous avons une vision claire et une idée très précise de la manière dont nous souhaitons permettre à notre économie de migrer vers une économie circulaire. Celle-ci repose sur quatre axes majeurs : la conception et production circulaires, la logistique inversée, les synergies et symbioses industrielles ainsi que le développement de nouveaux modèles économiques parmi lesquels figure l’économie de la fonctionnalité. Cette vision wallonne s’exprime à travers le programme NEXT que le gouvernement, sur ma proposition, a créé en juillet 2013. À ce titre, cet ambitieux programme constitue un axe transversal de la politique industrielle wallonne telle que je la défends à travers le Plan Marshall 4.0.

Plus précisément, en quoi consiste ce programme ?

NEXT repose sur 3 piliers : l’industrie, l’enseignement et l’internationalisation.

J.-C. M. - NEXT repose sur 3 piliers : l’industrie, l’enseignement et l’internationalisation. Il a pour objectif d’assurer le déploiement structuré, global et cohérent de l’économie circulaire sur le territoire wallon, de façon à développer des projets porteurs de valeur ajoutée et d’emplois. Je crois beaucoup dans les missions de ce programme, pour lequel j’ai pu dégager des budgets importants : pas moins de 15 millions d’euros ont d’ores et déjà été affectés à ce projet. Aujourd’hui, la Wallonie vient d’être désignée comme une des six régions modèles démonstratrices en chimie verte et en économie circulaire par la Commission européenne. C’est le résultat d’un travail collectif initié il y a plusieurs années et qui nous encourage à accélérer la cadence.