Au cours des dernières années, l’obligation légale pour les entreprises de trier les déchets PMC s’est progressivement étendue à tout le pays : la Région flamande l’a imposée dès janvier 2013, la Région de Bruxelles-Capitale a suivi en février 2014 et la Région wallonne en janvier 2016. Néanmoins, bon nombre d’entreprises ne s’acquittent pas de cette obligation. Le tri des déchets d’emballage - PMC, papier-carton, verre - est pourtant un geste simple qui permet à toute entreprise de s’inscrire dans une démarche d’économie circulaire.

 

Marge de progression
 

Si le taux d’erreur de tri est en moyenne de 16 % au sein des ménages, par exemple, il monte à plus de 20 % dans les entreprises.

À priori, ce type de tri ne devrait guère poser de problèmes puisque, dans les faits, il s’agit exactement du même tri que nous réalisons tous les jours à la maison. Les PMC regroupent tous les déchets qui doivent aboutir dans un sac bleu : les bouteilles et flacons en plastique ainsi que les emballages métalliques tels que les canettes et les cartons à boissons. On constate pourtant que le tri en entreprise est nettement moins efficace. Si le taux d’erreur de tri est en moyenne de 16 % au sein des ménages, par exemple, il monte à plus de 20 % dans les entreprises.

 

Erreurs d’aiguillage
 

Une des erreurs les plus courantes consiste à placer dans un sac bleu des bouteilles en plastique qui n’ont pas été entièrement vidées. Si la chose paraît bénigne, elle pose néanmoins problème pour les centres de recyclage. Les lignes automatisées de tri identifient en effet les bouteilles à l’aide d’un système informatisé. Ces bouteilles sont normalement séparées du reste des déchets par un système de soufflerie. Si la bouteille est encore remplie, la soufflerie n’opère pas et la bouteille continue son trajet dans une partie du circuit où elle n’a rien à faire, dans les déchets résiduels qui ne sont pas recyclés. Les autres erreurs classiques sont de placer en sacs bleus des barquettes d’emballage de repas tout préparés, des sacs en plastique ou encore des pots de yaourt. Cela étant, la situation est appelée à changer dans le courant de l’an prochain : les différents types d’emballages en plastique aujourd’hui destinés aux sacs d’ordures ménagères pourront à l’avenir - au plus tard fin 2020 - être placés en sacs bleus. À l’heure actuelle, la liste définitive n’est cependant pas encore établie.
 


 

Opérateurs spécialisés
 

Les plus petites entreprises ne génèrent en moyenne pas plus de quatre sacs bleus par tournée de collecte. Ainsi, deux fois par mois, elles peuvent se débarrasser de leurs déchets au même titre que les ménages, pour autant qu’elles soient situées sur un itinéraire de ramassage. Quoique de petite taille, certaines entreprises peuvent toutefois générer des volumes plus importants en raison de la nature même de leur activité, notamment dans le secteur des snacks, de la petite restauration mais aussi dans des PME. Au-delà de cette limite de quatre sacs, ces entreprises sont tenues de faire appel à un opérateur privé spécialisé pour collecter leurs déchets.

 

Évaluer les besoins
 

Faut-il croire qu’un même individu se montre plus vertueux en tant que citoyen et plus négligent en tant que travailleur ? Rien n’est moins sûr. Certaines entreprises ne savent tout bonnement pas comment s’y prendre pour organiser un tri efficace. En cause notamment : elles ignorent leurs propres besoins, par exemple le volume de déchets générés sur leur site. De combien de poubelles doivent-elles disposer ? Où faut-il les localiser ? Etc.

Les PMC regroupent tous les déchets qui doivent aboutir dans un sac bleu : les bouteilles et flacons en plastique ainsi que les emballages métalliques.

Pour les entreprises d’une certaine taille, ces questions sont évidemment essentielles : les travailleurs doivent pouvoir se débarrasser aisément de leurs déchets pour pouvoir se concentrer sur leurs tâches. L’organisation du tri nécessite donc de communiquer efficacement de manière uniforme vis-à-vis des travailleurs pour les inciter à adopter les bons réflexes. Au besoin, les entreprises peuvent également désigner une personne responsable pour conseiller les collaborateurs et assurer le suivi du processus. Elles peuvent enfin faire appel à l’organisme agréé pour le tri et le recyclage des déchets afin d’obtenir gratuitement des conseils sur la meilleure manière d’organiser leur tri.

 

Avantage économique
 

Au-delà de l’obligation légale, les entreprises peuvent retirer divers bénéfices d’un tri efficace. Même s’il est modeste, il y a d’abord un avantage économique : se débarrasser des PMC dans les sacs d’ordures ménagères coûte plus cher que se servir de sacs bleus. Il y a également un bénéfice en termes d’image de la société : les travailleurs, mais aussi les clients par exemple, s’attendent naturellement à pouvoir trier aisément les déchets. Enfin, même si c’est moins concret, il y a également un avantage environnemental puisqu’un plus grand nombre d’emballages ménagers empruntent la voie du recyclage pour devenir une nouvelle matière première.