Alain Hubert, président de la Fondation Polaire Internationale, prône un développement intelligent et responsable pour lutter contre le changement climatique

La recherche scientifique, et en particulier menée dans les régions polaires de la Terre, nous permet de mieux connaître notre planète et le fonctionnement de son système climatique.

Un changement climatique visible

Un nombre croissant d’études démontrent que les activités industrielles de l’homme ont un impact sur la biosphère fragile dans laquelle nous vivons et dont nous dépendons. Les données sur les climats du passé – trouvées dans les carottes de glace extraites des calottes polaires – montrent le lien existant entre les concentrations atmosphériques de dioxyde de carbone et la température moyenne à la surface de la planète.

J’ai été personnellement témoin de l’action néfaste du changement climatique sur les régions polaires. L’Arctique en particulier change plus rapidement que toute autre région du globe. Le réchauffement de l’Arctique et la fonte de la banquise influent sur les modèles climatiques dans les latitudes moyennes de l’hémisphère nord. Et comme la banquise fond suite à la hausse des températures et au réchauffement des océans, ces phénomènes contribuent à l’élévation du niveau des mers. Ce qui se passe aux pôles nous affecte tous.

L’avenir de notre espèce dépend de la façon dont nous relèverons le défi consistant à réduire notre empreinte carbone.

Le développement durable : c’est possible !

On croit souvent à tort que les partisans de la responsabilité environnementale sont opposés au développement. Or, nous ne sommes pas contre le développement mais en faveur d’un développement durable. Cela signifie que nous devons œuvrer dans des limites environnementales et nous montrer à la fois intelligents et responsables dans la manière dont nous développons et utilisons les ressources, en particulier énergétiques.

La Fondation Polaire Internationale, organisation à but non lucratif que j’ai fondée en 2002, croit en un développement intelligent et responsable. Par la conception et la construction de son projet phare, la station antarctique de recherche Princesse-Élisabeth – la première base de recherche dans l’Antarctique conçue et construite pour fonctionner entièrement à l’énergie solaire et éolienne renouvelable –, la Fondation Polaire Internationale et ses partenaires ont prouvé qu’un développement intelligent et responsable est possible, même dans les conditions difficiles de l’Antarctique.

En combinant des techniques de construction passive avec un système de gestion de l’énergie intelligent et de traitement des eaux usées, la station antarctique Princesse-Élisabeth va au-delà des exigences environnementales préconisées par le traité sur l’Antarctique (ATS).

Recherche et durabilité combinées

Le fait d’avoir investi dans des technologies plus propres et dans des techniques d’économie d’énergie a permis à la station de limiter autant que possible la pollution, tout en réduisant les coûts logistiques et de carburant. Il en résulte une diminution de l’empreinte carbone des scientifiques alors qu’ils mènent des recherches importantes sur l’environnement naturel de notre planète et son système climatique complexe.

Nous avons prouvé que des investissements intelligents et responsables à court terme ont des retombées positives plus grandes à long terme. Et s’il est possible de vivre de manière plus durable dans l’Antarctique, on doit pouvoir le faire en n’importe quel endroit de la planète. Un avenir durable est possible pour peu que nous le voulions.

Alain Hubert, président de la Fondation Polaire Internationale