Impensable voici à peine 10 ans, la transition énergétique vers une société « bas carbone » devient aujourd’hui réalité. La flambée des prix du pétrole en 2008 a ébranlé les certitudes sur une énergie fossile bon marché, tandis que les engagements climatiques nous invitaient à choisir des modes de production d’énergie propre. Consciente de ces enjeux, l’Allemagne a rapidement investi dans de nouvelles infrastructures – éolien, photovoltaïque, biomasse – et ferme ses réacteurs nucléaires afin d’intégrer 60 % d’énergies renouvelables.

Les communes et territoires, directement confrontés aux coûts de l’énergie, accélèrent également leur développement énergétique. En Europe, 6 500 collectivités locales — dont 253 communes belges — ont ainsi signé la Convention des Maires et mettent tout en œuvre pour réduire leurs besoins d’énergie et valoriser leurs ressources d’énergies renouvelables. Avec des ambitions plus élevées que les objectifs européens ! La Région bruxelloise a ainsi d’ores et déjà adopté une norme « passive » pour toute nouvelle construction : chaque bâtiment consommera très peu d’énergie. En Wallonie, certaines communes produiront même, à terme, plus d’énergie qu’elles n’en consomment !

Une mutation énergétique plus rapide que prévue

Cette dynamique décentralisée motive l’implication locale et citoyenne. En Belgique, 60 000 citoyens ont investi une partie de leur épargne dans une coopérative d’énergies renouvelables. Ce placement s’avère plus attractif qu’un compte épargne, et les bénéfices de la production d’énergie sont réinvestis à l’échelle locale comme par exemple l’isolation des bâtiments publics ou des écoles équipées de panneaux photovoltaïques. Par ailleurs, 356 000 ménages belges se sont équipés d’un système photovoltaïque et participent désormais à un meilleur approvisionnement électrique. Et vu les évolutions à venir, les citoyens seront de plus en plus nombreux à rejoindre ces initiatives.

Cette mutation énergétique est plus rapide que prévue. En Belgique, les productions solaire et éolienne couvrent déjà 10 % de notre consommation d’électricité annuelle et s’avèrent plus compétitives que les nouvelles productions conventionnelles, ce qui pourrait confirmer le scénario d’une Belgique 100 % renouvelables d’ici à 2050, établi par le Bureau Fédéral du Plan.

En Europe, les travaux d’interconnexions, l’expérience allemande et le développement des réseaux intelligents montrent également que notre continent s’avance vers cette perspective 100 % renouvelables. Impossible ? Vraiment ?