En Belgique, un tiers des ménages utilisent un système de chauffage au mazout. Pour un prix abordable et relativement stable au cours des dernières années, le mazout reste le produit le plus dense énergétiquement parlant : il présente le potentiel calorifique le plus élevé par unité de volume. Le gaz, le charbon et le bois sont d’ailleurs tout aussi responsables d’émission de gaz à effet de serre.

 

Systèmes hybrides
 

Les systèmes de chauffage au mazout actuels permettent une combinaison aisée avec d’autres équipements de production de chaleur, tels qu’un chauffe-eau solaire ou une pompe à chaleur. Aisément stockable, le mazout peut également jouer un rôle de backup dans les installations mixtes. À elles-seules, les ressources renouvelables ne sont pas suffisantes en raison de la variabilité de la météo.

Au cours des dernières décennies, le mazout a lui-même évolué en tant que produit. De l’extraction à sa consommation, en passant par les phases de transport, de raffinage et de distribution, les entreprises du secteur n’ont pas ménagé leurs efforts pour réduire l’impact de leurs activités sur l’environnement. En 50 ans, la quantité de soufre présente dans le mazout a par exemple chuté de 99,3 %. C’est précisément le souffre qui contribue à la formation des pluies acides.
 

 

Consommation à la baisse
 

Selon les chiffres du SPF Finances, la consommation de mazout s’inscrit durablement à la baisse dans notre pays. Depuis 1990, année de référence retenue par la Commission européenne pour fixer ses objectifs en matière de consommation énergétique et de réduction des émissions de gaz à effet de serre, elle a baissé de 27 %.

Cette réduction s’explique par deux facteurs. Un : au fil des constructions de bâtiments neufs et des rénovations de logements plus anciens, le taux d’isolation augmente constamment, ce qui diminue la consommation d’énergie. Deux : la technologie des chaudières s’est considérablement améliorée en termes de rendement. Dans les années 1970, le rendement moyen d’une installation était inférieur à 70 %, alors qu’aujourd’hui, les installations les plus performantes affichent un rendement de 98 % (label A). Remplacer une vieille chaudière par un modèle de nouvelle génération revient donc à diminuer l’émission de CO2 dans une marge pouvant atteindre 30 % !

Par ailleurs, tous les consommateurs ont l’obligation légale de faire entretenir leur chaudière au mazout par un professionnel une fois par an, pour s’assurer de son fonctionnement optimal. Idéalement, mieux vaut prévoir cet entretien à l’automne, au début de la saison de chauffe.
 

En chiffres

  • Sources d’énergie des ménages - En Belgique, le mazout est le deuxième combustible le plus utilisé : 34 %. Le gaz occupe la première place, avec 55 %. Toutes les autres sources sont très loin derrière : électricité (7 %), charbon (2 %), propane (1 %), bois (1 %) et pellets (moins de 1 %).
     
  • Consommation - Au début des années 1970, la consommation annuelle de mazout par habitation était de plus de 6000 litres. En 1990, elle avait chuté à 3600, pour tomber à 2600 en 2015. Les professionnels du secteur espèrent encore améliorer les technologies et réaliser plus de combinaisons avec les énergies renouvelables pour parvenir à une consommation de moins de 1000 litres en 2050, soit 80 % de réduction par rapport à 1990.
     
  • Rendement des installations - Les chaudières d’ancienne génération atteignaient un rendement saisonnier de 68 % ; autrement dit, 32 % de l’énergie était consommée en pure perte. Les chaudières basse énergie de génération actuelle (label B) atteignent 86 % et celles à condensation (label A) jusqu’à 98 %.
     
  • Objectifs de la Commission européenne - Par rapport à 1990, l’UE s’est fixé pour objectif de réduire de 40 % ses émissions de gaz à effet de serre et de 27 % sa consommation d’énergie. Elle entend porter à 27 % la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique.