En chiffres

  • 85 % des Belges considèrent les changements climatiques comme un problème à résoudre de manière urgente.
  • L’objectif européen à l’horizon 2020 est fixé à 13 % d’énergie renouvelable.
  • De 1990 à 2016, les émissions de CO2 ont diminué de 16,4 % en Belgique.

Comment se positionne notre pays sur le plan du réchauffement climatique ?
 

Marie Christine Marghem, la ministre fédérale de l’Energie, de l’Environnement et du Développement durable : « La Belgique a débloqué des fonds pour les pays les plus vulnérables au réchauffement climatique : l’an dernier, 18 millions d’euros ont été alloués au Fonds pour les pays les moins avancés (PMA) et 4 millions au Fonds d’adaptation aux changements climatiques (FACC). Cette année, ces chiffres sont respectivement de 11 et 4 millions. Notre pays est ainsi l’un des principaux contributeurs du FACC. Par ailleurs, la Belgique a également signé la « Global Alliance to Power Past Coal » lors de la COP 23 en faveur d’une transition énergétique dépourvue de charbon. »

 

Quelles leçons tirez-vous du Sommet du climat à Paris ?
 

M. C. M. : « Il portait essentiellement sur le financement de la transition énergétique. Le Premier ministre a pu annoncer le lancement des « Green Bonds » - ou obligations vertes -, qui sont comparables aux obligations classiques, sauf qu’elles ont pour objet des projets en faveur de l’environnement. Avec le ministre des Finances, Johan Van Overtveldt, nous avons officiellement lancé l’opération en février dernier. En 2017, j’avais également lancé le débat belge sur le prix carbone ; les conclusions sont attendues pour juin prochain. »

 

… et de la COP23 ?
 

M. C. M. : « Elle a permis notamment une prise de conscience de la nécessité d’organiser une conférence spécialement consacrée à la protection des océans ; elle aura lieu en octobre. Peu avant la COP 23, le secrétaire d’État Philippe De Backer et moi-même avons conclu en outre un accord sur le niveau de soutien permettant la finalisation du parc éolien offshore à l’horizon 2020. Concrètement, le fédéral a rempli ses obligations relatives à l’objectif européen de 13 % d’énergie renouvelable en prévoyant une puissance installée de 2.200 MW. D’autres éoliennes pourraient encore être installées à l’avenir pour une puissance installée de 1.800 MW supplémentaires. »

 

Comment envisagez-vous l’avenir en matière de mix énergétique ?
 

M. C. M. : « La vision énergétique des autorités à l’horizon 2030-2050 a été formalisée dans un document par les quatre ministres compétents : Jean-Luc Crucke, Celine Frémault, Bart Tommelein et moi-même. Cette vision se base sur la fermeture des centrales nucléaires et l’abandon progressif des énergies fossiles. Ce document doit être validé par les différents parlements compétents du pays, ce qui a déjà été fait par les Régions wallonne et bruxelloise. Pour le reste, la N-VA a demandé un chiffrage du coût de la transition ; j’ai donc chargé le professeur Albrecht et le Bureau du Plan de réaliser cette étude. »

 

Comment compenser la fermeture des centrales nucléaires ?
 

M. C. M. : « La construction de centrales à gaz devra pallier à la compensation de production d’électricité nucléaire. En ce qui concerne les compétences du fédéral, le scénario moyen des études du professeur Albrecht et du Bureau du Plan ont chiffré ce remplacement à 15 euros htva pour les ménages. Ce montant couvre uniquement la construction de nouvelles centrales à gaz et le niveau de soutien nécessaire avec un prix moyen de l’énergie sur les marchés de gros. Il doit être complété par les chiffres des Régions, qui installeront des capacités de production d’énergie renouvelable. Evidemment, la sortie du nucléaire se prépare, ce pour quoi nous disposons de fonds supplémentaires. Par exemple, pour la deuxième année consécutive, un fonds de transition énergétique a été lancé avec un budget annuel de 20 millions d’euros. Ce fonds vise à financer les projets de transition énergétique novateurs dans le cadre de la sortie du nucléaire et dans le champ de compétence du fédéral. Il est destiné aux centres de recherche ou aux universités. »