« Depuis que j’ai commencé à présenter la météo, j’ai assisté à bon nombre de conférences de scientifiques et de météorologues qui nous ont éclairés sur les dernières évolutions du climat. Les derniers chiffres de l’Agence américaine océanique et atmosphérique (la NOAA) montrent d’ailleurs à quel point 2015 est une année exceptionnellement chaude. Le mois de juillet a ainsi été le plus chaud jamais enregistré sur Terre depuis 1880. »

Est-il possible de sensibiliser suffisamment le public par rapport à ces phénomènes ?

Daniela Prepeliuc : « En Belgique, même si on peut parfois insister sur un fait d’actualité marquant, les deux bulletins météo quotidiens laissent assez peu de temps pour analyser les choses de manière très approfondies. En France, par contre, non seulement les bulletins sont beaucoup plus réguliers, mais on constate aussi une réelle volonté du gouvernement pour que les phénomènes de dérèglements climatiques et du réchauffement soient abordés à l’antenne. »

Suivez-vous des formations régulières pour rester au fait des évolutions en matière de météorologie ?

D.P. : « J’ai suivi initialement une formation à l’IRM et à Météo France. Par ailleurs, un forum de la météo se tient chaque année dans un pays différent. De grands météorologues sont présents pour animer des conférences, ce qui permet des échanges instructifs entre eux et les présentateurs météo pour discuter des modifications climatiques. Météo France organise également régulièrement des conférences à Paris, ce qui permet de rester bien informé des changements liés au climat. »

D’un point de vue plus personnel, vous êtes d’origine roumaine. Il y avait autrefois une localité -Copsa Mica- tristement célèbre pour être la ville la plus polluée d’Europe. Les Roumains ont-ils une prise de conscience plus importante qu’alors de l’importance de la sauvegarde de l’environnement ?

D.P. : « Beaucoup de chemin reste à parcourir, tout simplement parce que le niveau de vie reste assez bas. La préoccupation majeure de beaucoup de gens, dans les communes rurales, reste de savoir comment ils vont payer leurs factures et assurer leur quotidien. Ce qui n’empêche pas les médias de traiter de l’environnement. La chaîne publique roumaine va, par exemple, envoyer une correspondante à Paris pendant la durée de la conférence sur le climat en novembre. Mais on retrouve le même phénomène dans les pays africains, pourtant les premiers touchés par les bouleversements climatiques, du fait de la pauvreté. »