Si rien n’est fait, bon nombre d’espèces finiront par disparaître. Cela conduit Hans Nieuwenhuis de MSC Benelux à dire : « Une approche intelligente de la question devrait faire des ressources halieutiques la ressource durable et renouvelable par excellence. Enormément de gens dépendent de la pêche : les pêcheurs bien sûr, mais aussi les entreprises de la chaîne d’approvisionnement et de traitement, le commerce… De plus, le poisson constitue pour plus d’un milliard d’êtres humains la principale source de protéines à laquelle ils ont accès. Enfin, les rapports de la Banque mondiale et de la FAO, l’organisation des Nations Unies pour l’alimentation, mettent en avant les quelque 50 milliards de dollars – les « sunken billions » – que le monde gaspille chaque année en se dispensant de pratiquer la pêche durable. La productivité pourrait donc être bien plus élevée. »

 

En se dispensant de pratiquer la pêche durable, nous gaspillons chaque année quelque 50 milliards de dollars.

 

Rôle de la certification MSC

Hans Nieuwenhuis : « Les autorités publiques et autres instances officielles ont la capacité d’imposer la pratique de la pêche durable. En tant qu’organisation MSC, nous voulons aller dans le même sens en attirant l’attention du consommateur sur le fait qu’en choisissant un poisson portant le label MSC, il a la certitude que ce poisson est issu de la pêche durable. Le label n’est en effet délivré que par des organismes indépendants. »

Et Hans Nieuwenhuis d’ajouter : « Le label garantit en plus la traçabilité complète et fermée de la chaîne entre le moment du prélèvement et la fourniture du produit au consommateur. L’écolabel MSC est donc aussi un moyen de communication qui lui est destiné. Ce faisant, nous associons la pêche durable à un marché où la notion de développement durable devient de plus en plus la norme, dans le monde et donc aussi en Belgique. »

« Nous cherchons à conscientiser le consommateur pour qu’il soit de plus en plus demandeur de poisson certifié MSC, ce qui influence forcément les détaillants et incite le secteur de la pêche à la durabilité. Nous avons ainsi eu la satisfaction de pouvoir convaincre l’ensemble des grossistes actifs en Belgique pour qu’ils aillent dans ce sens. Comme le Belge consomme beaucoup de poisson importé, l’impact se répercute bien au-delà de la Mer du Nord. »

 

Le potentiel demeure important

Hans Nieuwenhuis : « A l’heure actuelle, seuls 12 % de la pêche mondiale sont certifiés MSC* et 2 % suivent le processus d’obtention du certificat. Il ne s’agit cependant pas tellement d’une question de tonnage des ressources prélevées de manière durable, mais plutôt de l’impact que nous pourrons exercer in fine sur la pêche mondiale. Un impact qui va bien au-delà d’un simple pourcentage. Nous avons déjà réalisé pas mal de travail dans ce domaine, mais le potentiel demeure important, et cela vaut aussi pour la Belgique. »

 

* Résultats dans le MSC Global Impact Report 2017