Les explications de Francis Huysman et Julien de Tiège, Managing Director et Manager I.C.T. chez Valipac.
 

Quelle est la mission de Valipac et l’objectif du monitoring ?

Francis Huysman : « La mission principale de Valipac est d’augmenter le taux de recyclage et de tri des emballages industriels en entreprise. »

« Depuis notre nouvel agrément début 2017, notre mission s’est élargie : nous recensons aujourd’hui aussi la production des déchets industriels belges. Cet outil doit permettre de mesurer la quantité de déchets des entreprises mais également d’évaluer leur comportement de tri. »

« Auparavant, nous avions déjà une bonne vision de la production des déchets d’emballages, mais ce monitoring élargit l’analyse à l’ensemble des déchets industriels et constitue une base de données très riche, avec beaucoup de potentiel. »
 

D’où proviennent les données collectées ?

Julien de Tiège : « Les données nous ont été communiquées par 150 collecteurs de déchets et concernent 170 000 producteurs de déchets répartis sur toute la Belgique. »

« Cette analyse est le fruit d’une très bonne collaboration avec le secteur de la collecte des déchets. Elle représente en quelque sorte une photo de la situation, du comportement de tri des sociétés en Belgique. »

« Nous avons enrichi cette base de données avec des informations sur le secteur d’activité, sur le type d’entreprise, etc. Comme cet exercice va être répété d’année en année, cela nous permettra d’évaluer l’évolution des comportements de tri au fil du temps. »
 


Francis Huysman et Julien de Tiège, Managing Director et Manager I.C.T. chez Valipac.



En quoi ce monitoring est-il unique sur le marché ?

F.H : « Si l’on compare le travail de Valipac avec les données et les études qui existent ailleurs, nous constatons que notre innovation est unique : il ne s’agit pas de simples extrapolations ou statistiques générales mais bien de données provenant de l’ensemble du marché, réelles, fiables, complètes et vérifiées. »

« Les résultats que nous obtenons sont cependant une sous-estimation de la réalité : en effet, ils n’incluent pas certaines collectes, comme celles réalisées par les intercommunales. »

« Cela ne veut pas dire que les entreprises ne trient pas leurs déchets, mais simplement que nous n’avons aujourd’hui aucune information sur ce type de gisements. »
 

À quoi servent les données récoltées ?

F.H : « Mesurer, c’est savoir. En premier lieu, cet instrument permet aux fédérations sectorielles et aux collecteurs de déchets d’envisager des campagnes de communication ou actions de terrain bien ciblées. »

Le monitoring permet aux fédérations sectorielles et aux collecteurs de déchets d’envisager des actions de terrain bien ciblées.

« Ensuite, il offre aux autorités compétentes la possibilité d’évaluer leurs politiques en matière d’objectifs de réduction de la production des déchets industriels et de respect des obligations de tri. Sans connaître la quantité de déchets produite aujourd’hui, impossible de fixer des objectifs de réduction pour demain. »

« Concrètement, sur la base des chiffres, nous nous sommes engagés à fournir des études comparatives aux 150 collecteurs avec qui nous collaborons, c’est-à-dire leur donner une vision sur le potentiel d’amélioration du tri au sein de leur clientèle par rapport à leurs concurrents. »
 

Quelles évolutions du monitoring sont envisageables pour le futur ?

J. d. T. : « Deux évolutions du monitoring sont possibles dans le futur : augmenter le nombre de sources d’informations (ajouter par exemple les intercommunales au panel) et augmenter le nombre de flux qui nous sont rapportés. »

« Pour l’instant, nous recensons 14 flux (exemples : déchets résiduels, papier/carton, plastique, etc.). L’idée, à terme, serait d’en ajouter. »

« Un autre flux potentiel qui serait intéressant non seulement pour les autorités mais également pour les collecteurs : les déchets organiques. L’objectif final est que ces chiffres aient un impact concret sur l’amélioration du tri en entreprise, première étape de l’économie circulaire qui est la toile de fond de notre action. »
 

Pouvez-vous nous en dire plus sur les résultats de 2017 ?

F.H : « À partir des données récoltées, nous constatons que les entreprises belges trient 2/3 de leurs déchets. Sur une production globale de 3 899 kt de déchets industriels, 2 498 kt ont été triées à la source. Un résultat finalement assez satisfaisant surtout si l'on sait que la réalité est probablement plus favorable. »

« En termes de tonnages, les métaux arrivent en haut du classement. En revanche, si l'on considère le nombre d'entreprises qui trient, nous constatons que c'est le papier/carton qui prend la main. »

« Des différences sont également notées au niveau des secteurs d'activités. Les résultats obtenus doivent cependant être interprétés avec prudence. »

« Les chiffres obtenus ne nous permettent actuellement pas de tirer de conclusions probantes sur le comportement de tri des entreprises. C'est une tâche à laquelle nous nous attellerons dans les prochains mois. »
 


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